Les rangs des professeurs d’études moyen-orientales abritent-ils des terroristes ? Si les soupçons portés contre le professeur de l’Université d’Ottawa, Hassan Diab, s’avèrent exacts, la réponse est oui.
Diab, un citoyen ayant la double-nationalité libano-canadienne et auteur de « Beyrouth : en revivant le passé du Liban », est conférencier à l’Université d’Ottawa, et dispensait, jusqu’à il y a peu, un cours d’été d’introduction à la sociologie. Son contrat a pris fin à la suite des présomptions émises par les autorités françaises, qui accusent Diab d’avoir été à la tête du commando responsable de l’attentat à la bombe contre la synagogue de la rue Copernic, à Paris, en 1980. Cet attentat avait, tout d’abord, été attribué au F ront Populaire de Libération de la Palestine-Operations Spéciales (FPLP-OS), un groupe en rupture avec l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) ; il a tué 3 français et une israélienne et en avait blessé 20 autres.
A la demande des autorités françaises, la Police Montée Royale canadienne a arrêté Diab en novembre 2008. Il est, depuis, en liberté provisoire sous caution mais sous plusieurs conditions dont, entre autres, le port d’un bracelet électronique et qu’il ne peut quitter son domicile qu’escorté par une des 5 personnes qui se sont portées caution à hauteur de 250 000 $.
Les autorités françaises, qui demandent l’extradition de Diab pour le juger en France, l’accusent d’avoir fabriqué et placé la bombe durant l’attentat. D’après l’agence de presse Canwest, Diab ressemble aux portraits du terroriste de la synagogue, son écriture correspond a celle du terroriste, il a été identifié par les services secrets, ainsi que ses amis comme ayant été membre du FPLP, et son passeport libanais qu’il avait déclaré avoir été volé, a été utilisé pour rentrer en France, à l’époque de l’attentat de 1980.
Diab continue à clamer son innocence. Comme cela a été rapporté dans l’éditorial du National Post :
Des témoignages provenant des archives de l’ancienne police secrète est-allemande, la Stasi, laissent peu de doute sur le fait que quelqu’un du nom de “Hassan Diab” était bien responsable de l’attentat à la bombe. Les autorités françaises chargées de l’investigation sont certaines d’avoir trouvé le véritable responsable et ont rassemblé des témoins qui sont prêts à le jurer, ainsi que d’autres preuves impliquant le professeur d’Ottawa. Mais M.Diab, qui porte un nom libanais courant, maintient qu’il est totalement innocent, victime d’une erreur sur son identité.
Par ailleurs, les amis de Diab et ses collègues insistent sur le fait que c’est un homme tranquille, un homme non-violent qui n’a jamais fait preuve d’inclinations antisémites ni antisionistes.
Comme on pouvait s’y attendre, la décision de mettre fin au contrat de Diab a provoque un tollé parmi ses pairs universitaires. L’Association Canadienne des Professeurs d’Université a émis un communiqué condamnant « l’injuste résiliation du contrat » de Diab dans les termes les plus virulents. Une pétition des citoyens d’Ottawa (ci-jointe) émise le 1er août 2009 et signée par 30 membres du Département de Sociologie et d’Anthropologie de Carleton , décrit la résiliation du contrat de Diab sous une forme mélodramatique, la présentant comme : « Une attaque des valeurs démocratiques universellement reconnues et la nécessité d’obtenir réparation par voie de justice et un procès auquel Diab a le droit », et « un chapitre lugubre dans l’histoire de l’injustice et de la discrimination appartenant à l’ère sombre du soupçon de l’après 11 septembre ». La pétition fait assaut de crédulité en allant jusqu’à rendre responsable de l’éviction d’un canadien, l’atmosphère politique, présentée comme particulièrement répressive de l’après 11 septembre dans « l’Amérique de Bush ».
Cela dit, l’Université de Carleton n’employait Diab uniquement que pour dispenser un seul cours durant tout l’été, lors des semaines où le professeur titulaire était en congé. Diab avait dispensé un cours similaire un peu plus tôt, à Carleton, et a même été réintégré après son arrestation en novembre 2008. Ce n’est qu’à partir de juillet 2009, que Carleton a mis un terme au contrat de Diab, en expliquant sa volonté d’offrir aux étudiants « un environnement académique stable et productif, favorable à l’étude ». Carleton n’avait aucune obligation de continuer à employer Diab et comme les auteurs de la pétition l’ont admis eux-mêmes, « des restrictions raisonnables sont et doivent être instaurées pour ceux qui sont suspectés de crimes violents ». Etant donné que Diab est mis en examen pour meurtre et tentative de meurtre, la décision de Carleton de mettre fin a son contrat semble bien être une « restriction raisonnable ».
Il est, de plus, bien difficile d’imaginer une autre profession où l’employé n’aurait pas subi des conséquences identiques dans les mêmes circonstances.
Les auteurs de la pétition déploient une autre tactique commune à la gauche académique : blâmer la prétendue toute-puissance des organisations juives pour expliquer l’éviction de Diab. Sa mise à la porte survenant après un communiqué de presse du B’nai Brith protestant contre le fait qu’il soit en poste à Carleton, ses défenseurs utilisent ce sinistre éclairage en accusant sans preuve l’université de « céder à des pressions politiques ».
Ils insinuent que le B’nai Brith a dépassé les bornes, en exprimant sa préoccupation que Diab puisse représenter une menace pour « la sécurité de la communauté », ignorant d’un revers de manche le fait que l’attentat terroriste à l’explosif était dirigé contre une synagogue. Si des charges équivalentes avaient impliqué une attaque contre une autre minorité, il est peu probable que ces professeurs de l’académie aient protesté contre des inquiétudes similaires.
Diab doit encore être jugé, mais la réaction de ces pairs de l’Université est révélatrice. Ils font preuve d’une opposition automatique face à l’autorité, d’un rejet arrogant de toute responsabilité et d’une naïveté dangereuse envers les menaces de l’Islam terroriste. Au lieu d’exprimer un sentiment de choc et d’horreur a l’idée qu’un des leurs ait pu participer a un crime haineux, ils se sont immédiatement précipités pour le défendre. Mais que feront-ils si l’accusation contre Diab est prouvée ?
Un regard en arrière peut se révéler instructif. Ce n’est pas la première fois que le personnel d’un département d’études moyen-orientales se rallie autour d’un professeur en difficulté, accusé –ou même reconnu coupable – d’actes terroristes. Pas plus, d’ailleurs, que ce n’est la première fois que ces mêmes universitaires se comportent comme une cohorte de laudateurs trouvant toutes les excuses du monde à ceux d’entre eux reconnus comme étant des sympathisants islamistes. Considérons les exemples passés suivants :
- Trois professeurs d’études moyen-orientales de l’Université du Sud de la Floride (Ramadan Abdullah Shallah, Bashir Musa Mohammed Nafi et Sameeh Hammoudeh) ont été accusés de racket et de conspiration d’assassinat en 2003. A la suite de quoi, tous les 3 ont reçu les éloges de leurs collègues membres de la faculté d’études moyen-orientales et ont été décrits comme érudits et hautement respectés. Shallah, un des membres fondateurs du Jihad Islamique Palestinien (JIP) est, maintenant, à Damas en Syrie, au Quartier-Général de l’organisation de laquelle il est devenu Secrétaire Général et dirigeant. Il est l’un des terroristes les plus recherchés par le FBI.
- Le Professeur d’histoire et d’études Moyen-Orientales de l’Université de New York, Zachary Lockman, a témoigné en faveur du traducteur d’arabe Mohamed Yousry qui était jugé pour avoir aidé et encouragé Omar Abdel Rahman, plus connu sous le nom du « cheik aveugle ». Lockman avait traité d’absurde la condamnation de Yousry et l’avait décrit comme un homme doux et particulièrement exquis.
- L’avocat de Rahman et gauchiste radical Lynne Stewart a été reconnu coupable d’avoir fait passer des messages du cheick emprisonné aux membres du groupe terroriste Gama’a al-Islamiyya. Stewart est, depuis, devenu un orateur très couru durant les conférences sur « la liberté académique », en compagnie de plusieurs autres professeurs d’études Moyen-Orientales. Le Professeur de sociologie de Sacramento de l’Université de l’Etat de Californie Ayad Al-Qazzaz l’a invité en vedette pour son show sur une chaine câblée de télévision. A entendre Al-Qazzaz, Stewart a été « accusé à tort d’avoir aidé des terroristes ».
- Le professeur d’histoire de l’Université du Michigan Juan Cole s’est exprimé en de nombreuses occasions, pour soutenir les collectes de fonds pour le Conseil des Relations Islamiques Américaines (CAIR), conspirateur associé, mais non-désigné, dans le dossier contre la Fondation pour la Terre Sainte, fondée par le Hamas.
- John Esposito, directeur et fondateur du Centre Pour une Mutuelle Compréhension entre Chrétiens et Musulmans, fondée par le Prince Alwaleed Ben Talal et soutenu financièrement par les Saoudiens, à l’Université de Georgetown, est connu pour sa défense acharnée des islamistes radicaux, dont l’ancien professeur de sciences informatiques de l’Université du Sud de la Floride, Sami Al-Arian, qui a été reconnu coupable, en 2006, de soutien au J ihad Islamique Palestinien et qui intervient comme orateur pour des collectes des fonds pour le CAIR.
Le soutien apporté à Diab par la majorité des professeurs travaillant dans le domaine des études Moyen-orientales et les faits rappelés ci-dessus font apparaître un système inquiétant. La présomption d’innocence est une chose. Soutenir aveuglement un collègue accusé de terrorisme en est une autre.
Cinnamon Stillwell est le représentant sur la Côte Ouest de Campus Watch, un projet mené par le Forum du Moyen Orient. On peut le joindre à l’adresse email suivante : stillwell@meforum.org.